Vivez heureux ou vivez drogués
Requiem for a dream raconte la descente aux enfers de quatres personnages au destin tragique où Aronofsky use de tout son talent pour mettre à fleur de peau notre âme la plus sensible. Il en ressort un constat abominable, ce qualificatif faisant figure de compliment ici avec les thèmes abordés: la drogue et la dépendance.A travers cette violence extrème où n'est irréel que l'imaginaire, Aronofsky exprime son point de vue. La dépendance, quelque soit le support et la substance, nous éloigne de la réalité pour justement nous en rapprocher à un tel point que l'on ne sait plus si l'on tient encore sa vie à bout de bras.Le film est alors rythmé par les prises de diverses drogues. Chacune de ces prises marque un temps d'arrêt, un changement d'ambiance dans le film, un changement qui se fait sans transitions par un seul geste facile, celui de d'avaler la pilule ou de s'injecter le produit. Aronovsky fait plus que dénoncer les drogues dures, par sa réalisation, il met à pied d'égalité la coke, le cannabis, la télévision ou encore le regard des autres. Ainsi, il nous délivre l'une des plus belles scènes du film: on voit les quatres personnages principales recroquevillés tous de la même façon, tel un foetus dans le ventre de sa mère. Tel un être ne controlant pas sa destinée.La musique est prenante et intense de réalisme à un tel point que chaque personnage, dans chaque cas, colle en symbiose parfaite avec la mélodie. Cette musique nous fait vibrer, car elle est plus intense et plus forte, plus la situation des personnages est grave et plus on approche de la fin du film. Elle est en fait un Requiem, lien que nous pouvons faire avec le titre. Un requiem étant une prière pour les morts, elle laisse présager la destinée des personnages soumis à la dépendance. Cette musique a donc une place très importante dans le film puisque celle-ci captive le spectateur et le plonge au coeur du drame tout au long des scènes de plus en plus impressionnantes. On peut donc qualifier Requiem for a dream d'ode cinématographique musicale. Car cette B.O ne laisse aucuns moments de détente, en permanence elle nous cloue à notre fauteuil avec un profond malaise de réalisme. Elle est le "requiem for a dream", l'ode pour rêver. Et sombrer.Au final, Requiem for a dream n'est pas conseillé à tous le monde, âme sensibles: s'abstenir. La fin n'est pas un "happy end" comme peut l'être son homologue "Trainspotting" mais elle est exceptionnellement émouvante avec une montée en puissance phénoménale de la bande-sonore. Il n'est pas un film que l'on voit mais que l'on reçoit...en plein visage tel une balle de Magnum, calibre 12.On en garde des séquelles, certes, mais cela nous permet de voir les choses et les formes d'une autre façon, que la vie n'est (malheuresement) pas si belle et que la lignée humaine est loin d'être immortelle.On peut le dire, Requiem for a dream est un chef d'oeuvre cinématographique, il n'est peut être pas tout rose mais il nous fait aimer de plus en plus le septième art, plus qu'un simple hobby, une véritable passion.